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25) Réparations

Une fois les fumées dissipées, le calme retrouvé et la miraculeuse médaille de Momonne la Rouge bien rangée à l’abri dans la cachette secrète de Mona, il fut l’heure de faire un état des lieux. Ce dernier ne serait pas brillant : pas mal de marins avaient disparus corps et bien, les voiles du Véroniko étaient déchirées, le stock de munitions restantes dans la Sainte-Barbe était ridicule, le pont qui avait souffert était éclaté par endroits et jonché de morceaux de bois et d’éclats de boulets, il ne restait presque plus rien à manger ni à boire, et pour couronner le tout, le trésor de Roscoff avait échappé à Mona ! D’un autre côté, Mona avait survécu, Loulou, Tibou et Yuna étaient toujours là, et les plus fidèles membres d’équipage restants étaient plus motivés que jamais… et l’infâme Guillaume Gamin se trouvait encore à fond de cale ! Mais il fallait au plus vite trouver un havre de paix afin qu’hommes et bateau se refassent une santé…

Mona demanda à son timonier de mettre le cap sur l’Île-de-Batz, qui était toute proche, et offrirait un abri fort convenable le temps de réparer le Véroniko. L’Île-de-Batz avait servi de base avancée aux Vikings (une statue du fameux Nikko-le-Viking, inventeur du célèbre Paris-Drakkar, avait d’ailleurs été érigée sur une jetée du port) et s’était beaucoup plus tard retrouvée aux mains des Anglais, qui avaient plusieurs fois ravagé cette petite île. Pour l’heure, Mona fut accueillie à bras ouverts par une figure locale, héros des mers et surnommé « Le Chevalier » car ayant reçu la Légion d’Honneur française. Ce héros n’était autre que Yves Trémintin, qui, bien que d’un âge relativement avancé pour l’époque, avait gardé toute son énergie et connaissait tout le monde sur la petite île, dont il était quasiment l’égérie. Grâce à ses contacts, le Véroniko allait être remis à neuf, les habitants fourniraient largement de quoi regarnir la cambuse, les femmes recoudraient les voiles, et les membres d’équipage bourlingueraient à qui mieux mieux dans les caboulots du coin… Et Mona chargea un marin expérimenté de recruter de nouveaux membres d’équipage.

Pendant ce temps-là, Yves Trémintin raconte toutes ses aventures à Mona, qui n’en revient pas. « Le Chevalier » a été plusieurs fois fait prisonnier, et n’a pas hésité à faire exploser son bateau pour échapper à des pirates qui l’encerclaient ; il s’en est sorti par miracle. Bien évidemment, Mona lui avait aussi raconté ses propres exploits : ses combats avec le Capitaine Brochet, l’explosion du navire de Barbe Grise, la déculottée de Rabham le Vert, et pour finir, la terrible bataille avec Guillaume Gamin. Bref, la jeune Mona et le vieux Trémintin étaient devenus les meilleurs amis du monde… Aussi, c’est avec une grande joie que ces deux-là allèrent trinquer au dixième Corsiversaire de Mona l’exploratrice dans une taverne locale ! Au cours de cette soirée fort agréable, Trémintin proposa à Mona de récupérer Guillaume Gamin, qu’il pensait livrer aux Anglais à la première occasion, car les Rosbifs avaient un compte à régler avec Gamin. « Le Chevalier » révéla à Mona l’origine du surnom Rosbif : le succès du bifteck à partir de 1771 et son origine britannique a mené à assimiler les Anglais à leur plat de prédilection. D’ailleurs, le terme rosbif vient de l’anglais Roast Beef, qui signifie viande grillée…

L’équipage du Véroniko ainsi que Mona restèrent plusieurs jours à l’Île-de-Batz, et ce séjour fut des plus agréables. Au terme de ces moments inoubliables, il fut temps de dire au-revoir au « Chevalier » et reprendre la mer, les voiles et le moral gonflés à bloc. Quelques nouveaux membres d’équipage avaient bien été recrutés par un marin expérimenté du Véroniko (surnommé Pépé Jean, allez savoir pourquoi), et l’équipage était donc au complet ! Mona cria : « En avant, doucement ! » et le Véroniko repartit pour d’autres aventures, certainement toujours autant palpitantes, et tant pis pour le trésor de Roscoff, il restait sans doute moult autres surprises à découvrir, que ce soit sur la surface ou tout au fond des océans…

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26 ) Nouvel An de Grâce…

Une nouvelle année s’effilochait doucement pour les nombreux (anciens et nouveaux) membres de l’équipage du fantastique Véroniko, qui voguait sur les 7 mers en quête de navires à dévaliser, de vaisseaux à rançonner, de trésors à récupérer  et de bateaux à arraisonner… Le Véroniko était pleinement opérationnel, et tous les membres d’équipage s’étaient souhaité, comme de bien entendu, une « Bonne Apnée, Bonne Santé » à l’occasion de ce nouvel An de Grâce. L’expression « An de Grâce » signifiant tout simplement une nouvelle année après la naissance de Jésus Christ ; une nouvelle année à la grâce de Dieu, pour ainsi dire, bien que Mona n’ait pas eu récemment de nouvelles de ce dernier…

Les pirates, s’ils n’étaient pas tous des mécréants, étaient souvent très superstitieux, et croyaient au mauvais œil, autrement dit à la malchance. Notamment, il y avait un certain « animal aux grandes oreilles » qui portait malheur à bord des navires, car il avait une fâcheuse tendance à grignoter cordages, vivres et tout ce qui était fait de bois, ce qui, à bord des bateaux, revenait à dire à peu près tout ! Imaginez un peu les ravages que pouvaient causer un « animal aux grandes oreilles » s’il lui prenait l’envie de grignoter la coque du navire ! Ainsi, le mot « lapin » était-il absolument interdit à bord, et les marins employaient l’expression « animal aux grandes oreilles » pour se référer à ce lagomorphe dangereux, qui était bien évidemment tout aussi prohibé. Loulou, qui était un lapin magique, faisait exception, et personne à bord n’avait de dent contre lui.

Mais qui disait nouvelle année, disait aussi nouvel adversaire pour Mona l’intrépide exploratrice. Et si Mona n’avait récemment pas non plus eu de nouvelles de l’infâme Rabham Le Vert, elle n’allait pas tarder à entendre parler d’une de ses amies, l’une des très rares femmes pirates (et littéraire avec ça !) sillonnant les 7 mers : Anne Bonny, surnommée « La Tigresse des Mers », tout un programme…

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27) Anne Bonny

En avant toute !, tonna Mona à son timonier. Le temps était beau, la mer d’huile et l’équipage enjoué. Le Véroniko filait à présent à vive allure sur l’océan, la Sainte-Barbe était pleine à craquer de munitions et la Cambuse était tout aussi bien garnie. Les pirates ne manqueraient donc ni d’armes ni de nourriture ! Mona avait une idée derrière la tête ; un trésor englouti devait se trouver non loin, et elle avait passé de longues heures à étudier ses vieilles cartes, qui indiquaient si l’on savait les comprendre, les positions de moult butins à récupérer, à condition (petit un) d’avoir le bon équipement et (petit deux) que nul autre pirate n’ait eu la même idée au même moment ! Mona maitrisait la première condition, mais la seconde relevait tout bonnement de la chance. Et Mona, tout le monde s’accordait à la reconnaitre, n’en manquait pas…

Pendant ce temps-là, à bord du ChevaL des Mers, un petit sloop, deux inquiétants personnages étaient aussi penchés sur des cartes maritimes. L’un des deux était Anne Bonny. L’autre, les lecteurs attentifs l’auront deviné, était tout simplement Rabham Le Vert. Les deux s’étaient rencontrés lors d’escarmouches et avaient réussi à échapper à la mort en s’enfuyant sur ce petit sloop. Depuis lors, ils écumaient les sept mers à la recherche de trésors, et d’adversaires à combattre… C’est que Rabham Le Vert avait lui aussi une idée derrière la tête, mais cela ne concernait pas un trésor…

Comme de bien entendu, le sloop et le Véroniko se dirigeaient vers le même point, ce qui était à peine une coïncidence, puisque les pirates avaient en leur possession à peu près les mêmes cartes, d’une part, et d’autre part le trésor qu’ils convoitaient était l’un des plus éblouissants, des plus estimables, et par conséquent, des plus convoités des sept mers. La bataille s’annonçait des plus rudes, d’autant plus que Rabham avait toujours une dent contre notre exploratrice intrépide.

Mais revenons à bord du Véroniko. Tout en haut de la vigie, assisté de Tibou le singe, le pirate chargé de scruter les parages du navire poussa un grand cri : BATEAU EN VUE ! Et comme, nous l’avons dit, le sloop est une relativement petite embarcation, on peut en déduire que ce pirate avait une bonne et longue vue. Mona, à présent sur le qui-vive, sautilla sur la dunette pour prendre le commandement des opérations. Cela ne lui disait rien qui vaille, elle avait comme un méchant pressentiment… Elle ne reconnu pas le sloop, qui n’arborait pas même de drapeau pirate, mais se tenait prête au combat, la cas échéant. Et vous, chers lecteurs, peut-être avez-vous aussi le pressentiment que la suite prometteuse des aventures de Mona se dévoilera lors d’un prochain épisode ?

Et bien vous aurez raison.

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