28) Bonny Soit Qui Mal y Pense…

Mona, qui se tenait toujours sur la Dunette, ordonna à tous ses pirates de se lever pour se tenir prêts au combat, car on se lève tous pour Dunette. Munie de sa longue-vue, Mona scrutait l’océan et tentait de discerner les détails du bateau adverse. Celui-ci, très agile et rapide, approchait à grande vitesse, et Mona demanda à son timonier de tirer une salve de boulets en direction des importuns. BOUM ! BOUM ! Et voici une petite salutation bruyante pour faire savoir à l’ennemi qu’on ne plaisantait pas par ici ! En guise de réponse, un drapeau fut hissé tout en haut du mât adverse, drapeau qui arborait une tête de mort sur fond noir. Tiens, tiens, se dit Mona, les masques tombent ! Feu à volonté ! Et alors qu’un albatros fendait les airs au-dessus d’elle, Mona se dit : « on va leur montrer comment se battent les vrais pirates ! »

Les boulets de canons tombaient en une pluie dévastatrice, heurtant la surface de l’eau ou bien s’écrasant contre la coque, le pont et les voiles du navire pirate ; mais ce dernier n’était plus qu’à quelques encablures du Véroniko, et les pirates des deux bords s’apprêtaient à monter à l’abordage. Le ciel, qui était encore dégagé il y a peu, se parait à présent de gros nuages noirs, qui crèveraient bientôt pour laisser place à un déluge de pluie et de grêle… et de boulets de canon !  Les pirates des deux bateaux pouvaient maintenant quasiment se regarder les yeux dans les yeux, et Mona commanda de tirer une dernière bordée à boulets rouges avant que de s’élancer enfin à l’abordage. L’avantage des boulets rouges, préalablement chauffés à blanc, était de rendre verts les ennemis déjà rouges de colère (particulièrement les bleus inexpérimentés et les foies jaunes poltrons), qui savaient qu’au pouvoir de destruction massive des boulets proprement dit, s’ajoutait la propriété de faire partir des incendies aux points du navire touchés par lesdits boulets rouges, accélérant ce faisant la destruction et l’engloutissement des ennemis aux noirs desseins…

Le résultat dépassait les espérances de Mona, à un détail près : le navire ennemi étant en feu, et prenant l’eau de toute part, il devenait peu raisonnable d’y monter pour affronter l’adversaire au corps-à-corps. Par ailleurs, l’adversaire en question commençait à déserter son vaisseau et tentait d’échapper au désastre, qui en sautant à l’eau, qui en s’enfuyant à bord de chaloupes, et Mona en aurait bien rigolé si elle n’avait pas reconnu Rabham-le-Vert qui semblait se préparer à prendre lui-aussi la poudre d’escampette. Sacrebleu ! Le sang de Mona ne fit qu’un tour ! Elle pria ses pirates de ne pas faire de quartier, et tenta elle aussi de monter à bord d’un grand canot, mais ils avaient tous été endommagés lors de la bataille navale. Mona enrageait de ne pouvoir partir à la poursuite de Rabham, mais elle se ravisa lorsqu’elle pensa au trésor englouti que ces foies jaunes de pirates n’avaient pas réussi à récupérer. Mona se dit qu’elle mettrait bien la main sur ce butin en guise de lot de consolation !

Après s’être assurée qu’aucun pirate ennemi ne se trouvait à porté de tromblon, Mona se munit de son équipement de plongée en priant pour que le trésor ne repose pas dans les grands fonds, le rendant ainsi inaccessible. La bonne étoile de Mona semblait toujours briller, puisqu’elle pouvait apercevoir quelques reflets dorés qui scintillaient au fond de l’océan, d’autant que le soleil revenu les faisait sembler encore plus brillants… Une, deux, trois ! PLOUF ! Dans une gerbe d’eau salée, Mona s’enfonçait dans les profondeurs à la recherche du fameux butin tant convoité. Alors il s’offrit à ses yeux émerveillés, et Mona comprit que les cartes maritimes n’avaient pas menti à son sujet. De l’or à gogo, des lingots à foison, des pierreries en veux-tu en voilà, des pièces faites de métal précieux à volonté et des amphores remplies de diamants comme s’il en pleuvait ! Mona tira sur le cordon qui la reliait au Véroniko pour qu’on la remonte, puis, une fois à bord, elle demanda à tous les marins encore vaillants de plonger pour mettre à l’abri toute cette fortune.

Quelques heures plus tard, au prix d’un effort surhumain, l’intégralité du butin reposait sur le pont du Véroniko, brillant de tous ses feux à la lumière du soleil couchant. Alors Mona comprit qu’il faudrait le planquer en lieu sûr, car ainsi alourdi, le Véroniko perdrait trop en manœuvrabilité et surtout serait une proie facile pour tous les écumeurs des sept mers. Il restait à trouver l’endroit idéal pour cacher une telle richesse, et Mona avait une petite idée…

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Catégories : Exploratrice, Intrépide, Mona | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “28) Bonny Soit Qui Mal y Pense…

  1. mona

    où va t-elle cacher le trésor ???

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