28) Bonny Soit Qui Mal y Pense…

Mona, qui se tenait toujours sur la Dunette, ordonna à tous ses pirates de se lever pour se tenir prêts au combat, car on se lève tous pour Dunette. Munie de sa longue-vue, Mona scrutait l’océan et tentait de discerner les détails du bateau adverse. Celui-ci, très agile et rapide, approchait à grande vitesse, et Mona demanda à son timonier de tirer une salve de boulets en direction des importuns. BOUM ! BOUM ! Et voici une petite salutation bruyante pour faire savoir à l’ennemi qu’on ne plaisantait pas par ici ! En guise de réponse, un drapeau fut hissé tout en haut du mât adverse, drapeau qui arborait une tête de mort sur fond noir. Tiens, tiens, se dit Mona, les masques tombent ! Feu à volonté ! Et alors qu’un albatros fendait les airs au-dessus d’elle, Mona se dit : « on va leur montrer comment se battent les vrais pirates ! »

Les boulets de canons tombaient en une pluie dévastatrice, heurtant la surface de l’eau ou bien s’écrasant contre la coque, le pont et les voiles du navire pirate ; mais ce dernier n’était plus qu’à quelques encablures du Véroniko, et les pirates des deux bords s’apprêtaient à monter à l’abordage. Le ciel, qui était encore dégagé il y a peu, se parait à présent de gros nuages noirs, qui crèveraient bientôt pour laisser place à un déluge de pluie et de grêle… et de boulets de canon !  Les pirates des deux bateaux pouvaient maintenant quasiment se regarder les yeux dans les yeux, et Mona commanda de tirer une dernière bordée à boulets rouges avant que de s’élancer enfin à l’abordage. L’avantage des boulets rouges, préalablement chauffés à blanc, était de rendre verts les ennemis déjà rouges de colère (particulièrement les bleus inexpérimentés et les foies jaunes poltrons), qui savaient qu’au pouvoir de destruction massive des boulets proprement dit, s’ajoutait la propriété de faire partir des incendies aux points du navire touchés par lesdits boulets rouges, accélérant ce faisant la destruction et l’engloutissement des ennemis aux noirs desseins…

Le résultat dépassait les espérances de Mona, à un détail près : le navire ennemi étant en feu, et prenant l’eau de toute part, il devenait peu raisonnable d’y monter pour affronter l’adversaire au corps-à-corps. Par ailleurs, l’adversaire en question commençait à déserter son vaisseau et tentait d’échapper au désastre, qui en sautant à l’eau, qui en s’enfuyant à bord de chaloupes, et Mona en aurait bien rigolé si elle n’avait pas reconnu Rabham-le-Vert qui semblait se préparer à prendre lui-aussi la poudre d’escampette. Sacrebleu ! Le sang de Mona ne fit qu’un tour ! Elle pria ses pirates de ne pas faire de quartier, et tenta elle aussi de monter à bord d’un grand canot, mais ils avaient tous été endommagés lors de la bataille navale. Mona enrageait de ne pouvoir partir à la poursuite de Rabham, mais elle se ravisa lorsqu’elle pensa au trésor englouti que ces foies jaunes de pirates n’avaient pas réussi à récupérer. Mona se dit qu’elle mettrait bien la main sur ce butin en guise de lot de consolation !

Après s’être assurée qu’aucun pirate ennemi ne se trouvait à porté de tromblon, Mona se munit de son équipement de plongée en priant pour que le trésor ne repose pas dans les grands fonds, le rendant ainsi inaccessible. La bonne étoile de Mona semblait toujours briller, puisqu’elle pouvait apercevoir quelques reflets dorés qui scintillaient au fond de l’océan, d’autant que le soleil revenu les faisait sembler encore plus brillants… Une, deux, trois ! PLOUF ! Dans une gerbe d’eau salée, Mona s’enfonçait dans les profondeurs à la recherche du fameux butin tant convoité. Alors il s’offrit à ses yeux émerveillés, et Mona comprit que les cartes maritimes n’avaient pas menti à son sujet. De l’or à gogo, des lingots à foison, des pierreries en veux-tu en voilà, des pièces faites de métal précieux à volonté et des amphores remplies de diamants comme s’il en pleuvait ! Mona tira sur le cordon qui la reliait au Véroniko pour qu’on la remonte, puis, une fois à bord, elle demanda à tous les marins encore vaillants de plonger pour mettre à l’abri toute cette fortune.

Quelques heures plus tard, au prix d’un effort surhumain, l’intégralité du butin reposait sur le pont du Véroniko, brillant de tous ses feux à la lumière du soleil couchant. Alors Mona comprit qu’il faudrait le planquer en lieu sûr, car ainsi alourdi, le Véroniko perdrait trop en manœuvrabilité et surtout serait une proie facile pour tous les écumeurs des sept mers. Il restait à trouver l’endroit idéal pour cacher une telle richesse, et Mona avait une petite idée…

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1) Première Plongée

Le bateau dérivait sur le vaste océan, et Mona guettait aux alentours les requins et les piranhas qui encerclaient son navire pirate… Le vent soufflait en rafales violentes, et la chasse au trésor en était à son premier jour. La routine, quoi. Mona surveillait les fonds marins, de son œil exercé, mais les fonds marins restaient pour le moment vides de tout trésor. Qu’à cela ne tienne ! Mona l’intrépide exploratrice ne se décourageait jamais, et pour sûr avant la fin de la journée elle rapporterait au port quantité de pièces d’or et de diamants. La zone était dangereuse et beaucoup de vaisseaux royaux avaient coulé dans les parages. Dans cette baie balayée par les vents et où les courants imprévisibles pouvaient à tout moment faire chavirer son navire, Mona tenait bon.

Soudain, un éclat sembla briller au fond de l’eau, quelle surprise !

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2) La Menace

Un éclat doré miroitait au fond de l’océan, et Mona n’en croyait pas ses mirettes ! Aussitôt, elle enfila sa tenue de plongée et s’élança du pont de son bateau pour fendre les eaux irisées et mettre la main sur le trésor tant convoité. Mais tandis qu’elle nageait sous l’eau, une ombre apparut au-dessus d’elle, celle d’un autre vaisseau pirate ! Mona reconnut immédiatement cette ombre maléfique : à n’en pas douter, son vieil ennemi Rabham le Vert naviguait dans les parages, et cela ne laissait présager rien de bon… Rabham le Vert, est, comme chacun sait, le cousin du terrible Rackam le Rouge, et un amateur de trésors enfouis. La bataille allait être rude ! Mona nagea sous le bateau de son ennemi juré et refit surface près de la poupe de celui-ci.

Mona se dit à elle-même : « À nous deux, Rabham le Vert ! »

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3) L’affrontement

Mona, notre intrépide exploratrice surgit d’un seul coup, comme sortie de nulle part, dans le dos du terrible Rabham le Vert, qui ne se doutait de rien, et était occupé à houspiller ses mousses ! Mona hurla : « Pas Touche, Minouche ! » et donna un grand coup de pied dans le derrière de Rabham le Vert, qui n’en cru pas ses yeux, ni ses fesses ! Il dégaina son épée et tenta de toucher Mona, qui bondissait partout sur le pont du vaisseau pirate de son ennemi. Et Vlam ! Et Boum ! Mona esquivait tous les coups d »épée et sautillait en direction de la proue, d’où elle s’élança pour atterrir sur son propre navire, nommé le Véroniko (qu’elle avait acheté à des Vénitiens, mais cela est une autre histoire…), tout en ordonnant à son équipage de mettre les voiles et en avant toute ! Le Véroniko voguait déjà vers d’autres horizons avant que Rabham le Vert n’ait eu le temps de dire Ouf.

Mais alors, au loin, apparurent d’énormes nuages noirs…

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4) Mauvais Temps

Le bateau de Mona l’intrépide exploratrice filait vers les gros cumulonimbus noirs, que les experts aéronautiques nommeraient quelques siècles plus tard CB et craindraient tout autant que les pirates de l’époque… Le ciel tout entier devint couleur d’ébène, et des trombes d’eau s’abattirent sur le frêle esquif qui tanguait et gitait, mais résistait aux conditions apocalyptiques. Mona, qui voulait aller explorer les criques sauvages aux alentours, se fit une raison et remit ses recherches de trésor dans les criques mystérieuses à plus tard. Le pont du bateau ruisselait sous les trombes d’eau, et les vents hurlaient aux oreilles de l’équipage effrayé. Mais Mona tenait bon la barre et réussit à esquiver le gros temps grâce à son expérience et sa connaissance des océans. Soudain, le ciel s’éclaira et les vents tombèrent, tandis que l’équipage chantait et se réjouissait. Le navire et ses occupants étaient tirés d’affaire, mais les voiles avaient beaucoup souffert et des réparations d’urgence étaient nécessaires.

Une île accueillante sembla alors poindre à l’horizon…

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5) Mystérieuse Île

Avançant aussi vite que leur permettait la voilure abimée, l’équipage du Véroniko se rapprochait rapidement de cette île mystérieuse. Mystérieuse, pourquoi ? Tout simplement parce que Mona ne la trouvait indiquée sur aucune des cartes pourtant précises qui étaient en sa possession… Une fois le navire mouillé et l’annexe mise à l’eau, quelques volontaires ramèrent en direction de l’île qui n’existait pas. Une fois arrivé à destination, personne à l’horizon, l’île semblait déserte. Mona l’exploratrice partit en éclaireuse dans les rochers, et soudain remarqua un petit crabe tel qu’elle n’en avait jamais vu ! Elle se rappela la légende du Crabe Charmant et embrassa la carapace du crabe avant qu’il ne se carapate. Soudain, miracle ! Il se transforma en un petit lapin doté de pouvoirs magiques. Mona décida de le nommer Loulou et retourna à bord de son vaisseau pirate en sa compagnie.

Mona ordonna à son équipage de faire un tour de l’île…

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6) Réparations

Le Véroniko naviguait doucement le long des côtes de cette île mystérieuse, à la recherche d’une crique accueillante, pour y effectuer à l’abri les réparations nécessaires suite aux dommages causés par la tempête. Après 45 minutes, un endroit propice fut trouvé et l’équipage mit la main à la pâte tandis que Mona vérifiait son équipement de plongée, qui avait valdingué dans tous les coins du vaisseau pirate ! Il faisait une chaleur épouvantable, et les bouteilles de Menthe-Pastille passaient de pirate en pirate ; heureusement que Mona en gardait tout un stock dans la cambuse, le garde-manger des bateaux pirates. La nuit commençait à tomber lorsque les réparations s’achevaient enfin ! Le Véroniko allait pouvoir reprendre la mer, refait à neuf, son équipage épuisé mais ragaillardi à l’idée de reprendre la chasse au Trésor… Soudain, une ombre menaçante apparut à l’entrée de la crique, c’était un autre navire de flibustiers, et chacun reconnut les couleurs du terrible Rabham le Vert, qui cherchait sans doute à prendre sa revanche !

« Tout le monde à son poste », hurla Mona. On va voir ce qu’on va voir !

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7) Lapin Magique

Le Véroniko virait de bord et s’apprêtait à venir au niveau du vaisseau pirate de l’infâme Rabham le Vert. Mona et son équipage vociféraient des mots doux tels que « Brigand », « Foi Jaune » ou « Écrevisse de Rempart » à l’encontre du pirate, et chacun espérait faire une bamboche du tonnerre une fois Rabham vaincu. Mais Rabham le Vert était adepte de la Magie Noire, ça ne s’invente pas, et il lança un sort afin de transformer tout l’équipage du Véroniko (depuis Mona elle-même jusqu’au dernier mousse) en hommes préhistoriques, et ça non plus, ça ne s’invente pas ! Le Véroniko eu le temps de tirer une volée de boulets de canon en direction du navire de leur ennemi juste avant que tout l’équipage ne se transforme en Cro Magnon pas trop mignons ; tout l’équipage sauf Mona qui était protégée par son Loulou magique, le lapin trouvé sur l’île-qui-n’existait-pas… Mona partit à l’abordage du navire ennemi, en piteux état après cette canonnade, et provoqua Rabham en duel, pendant que le lapin magique redonna à l’équipage du Véroniko un état normal. Mona donnait des coups d’épée au mécréant, lui bottait le derrière et l’assomma pour de bon sous les cris de victoire de ses pirates. Elle rejoignit sa frégate et appareilla dans la foulée, sans se soucier du sort de son vieil ennemi, dont le bateau coulait doucement…

Pour sûr, la victoire allait être célébrée comme il se boit comme il se doit…

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8) Le Trésor

Une fois le vaisseau pirate de Rabham le Vert envoyé par le fond, l’équipage du Véroniko se précipita dans la cambuse, le garde-manger des bateaux pirates, et déboucha autant de bouteilles de gnôle que possible ! La bamboche allait être du tonnerre, pour sûr, ouais ! Cependant Mona ne s’intéressait pas au rhum, bien que toutes les routes y mènent, et elle fila directement dans sa cabine, où se trouvait son équipement de plongée. En effet, si Rabham le Vert était dans les parages, c’était sans doute qu’il avait trouvé une piste qui conduit à un trésor… Ni une ni deux, Mona s’équipa et plongea dans les eaux limpides à la recherche de doublons brillants. Évitant quelques requins pas malins et quelques pirahñas pas sympas, Mona nageait sous l’eau telle une sirène, le regard fixé sur le fond de l’océan, quand soudain un reflet doré attira son attention. Un petit coup de palme et Hop ! elle se rapprocha du fond, là où semblait reposer une caisse en bois toute rongée par le sel. Mona utilisa son haveneau d’une main experte, attrapa la caisse avec précaution, et s’en saisit à deux mains, laissant sombrer le haveneau ; elle avait déniché un butin qui valait beaucoup plus que tous les haveneaux du monde ! Mona remonta doucement à la surface et posa sa trouvaille sur sa planche de plongée, puis poussa sa planche en nageant jusqu’à la proue de sa frégate, où elle comptait bien compter et recompter toutes ces pièces d’or !

Une fois à bord, Mona évita les marins soûls qui jonchaient le pont du navire, et marcha jusqu’à sa cabine. Elle posa sur sa table la caisse de bois, qui ne résista plus davantage et s’ouvrit en deux, déversant des pièces d’or par milliers et des diamants de centaines de carats par dizaines, sans compter des émeraudes d’un vert magnifique ! Mona n’en crut pas ses yeux…

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9) Rabham Revient !

Mona ferma avec précaution la porte de sa cabine, protégeant ainsi son trésor, puis partit rejoindre les membres de son équipage encore vaillants, pour fêter cette miraculeuse trouvaille. Mais ce que notre intrépide exploratrice ne vit pas, c’est qu’une ombre accrochée à l’arrière du bateau (tout le monde aura reconnu Rabham le Vert, encore lui !) entreprenait de se hisser jusqu’à la fenêtre de Mona, et, tout ruisselant d’eau, s’introduisait dans la cabine à la recherche du trésor, car il avait non seulement survécu à la destruction de son navire, mais avait également espionné Mona lorsqu’elle avait remonté le trésor à bord. Et Rabham le Vert s’empara du coffre éventré, transborda les pièces d’or dans un sac qu’il avait sur lui, glissa une ou deux émeraudes dans ses chaussures, cacha deux ou trois diamants dans ses poches, et, pour faire bonne mesure, avala carrément une poignée de pierres précieuses car Rabham le Vert était d’une avarice sans pareil… Mais ce qu’il ne remarqua pas, et ce que Mona non plus n’avait pas remarqué, c’est un petit bout de papier jauni et plié qui s’échappa du coffre pourri et alla virevolter jusqu’au dessous de la table… Bien lesté de son butin, Rabham le Vert repartit par là où il était entré, et plongea pour rejoindre la terre la plus proche. Bien évidemment, Rabham était avare mais pas très malin, et il n’avait pas pensé qu’alourdi de la sorte, il aurait beaucoup de mal à nager rapidement ; un membre de l’équipage de Mona qui passait par là aperçu en effet une forme indistincte sous l’eau, qui s’éloignait de la poupe du navire, mais vu la façon dont cette forme nageait, il crut qu’il s’agissait d’une vache de mer égarée, et ne prévint personne de cette vision étonnante…

De retour dans sa cabine, quelle ne fut pas la surprise de Mona de découvrir que son trésor s’était volatilisé ! Elle crut qu’elle était en train de rêver, mais se rendit vite compte que la fenêtre était brisée et que des flaques d’eau suspectes parsemaient le sol… « Ah, si j’attrape le gredin qui a fait ça, je lui coupe la tête » s’emporta Mona ! C’est alors qu’elle remarqua le papier jauni et plié sous la table, s’en empara et entreprit de l’inspecter…

Il s’agissait sans aucun doute, pensa Mona encore courbée, d’une Carte au Trésor ! En bas de la carte d’étranges caractères à moitié effacés attirèrent son attention. Mona se releva tout à fait. Trois mots en forme de signature. Certainement le nom du pirate qui avait planqué son trésor quelque part. Mais seules les consonnes étaient visibles, le déchiffrement allait être difficile…

Voici ce que Mona pouvait lire tout en bas du parchemin mystérieux : M•M•NN• L• R••G•

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10) Surprise !

Encore toute émerveillée de sa découverte, Mona ne se rendit pas compte que 3 bateaux arrivaient toutes voiles dehors, filant comme des poissons volants vers le navire de notre pirate chasseuse de trésors… Reprenant ses esprits, Mona se saisit de ses jumelles, qu’elle rangeait à l’abri avec son équipement de plongée (qui aurait bien besoin d’un scaphandre neuf), et scruta avec attention ces trois vaisseaux qui se rapprochaient à vue d’œil. Ce n’étaient pas des pirates ennemis à l’affût d’un butin, et de toute façon, Rabham lui avait déjà dérobé ses précieux joyaux et pièces d’or ! Soudain, Mona reconnut à travers de ses jumelles des visages familiers sur chacun des trois navires en approche : ses amies navigatrices et ses cousines corsaires ! Mais pourquoi donc arrivaient-elles si rapidement et surtout, pourquoi naviguaient-elles de conserve vers le bateau de Mona ? Mystère et boule de gomme…

Trois chaloupes avaient été mises à l’eau et dans chacune des trois se tenait des amies et cousines fidèles de Mona, qui cachaient tant bien que mal des paquets volumineux. Et c’est alors que Mona comprit le but de ces visites surprenantes : C’était aujourd’hui son ANNICORSAIRE, cela faisait précisément NEUF ans que Mona chassait les trésors ! Quelle bamboche cela allait être ! Les bouteilles de Menthe-Pastille et de Vieille Prune furent sorties de la cambuse et les embrassades commencèrent. Les amies de Mona lui avaient apporté un nouveau scaphandre (comme par hasard), un nouveau drapeau de pirate ainsi qu’un stock de citrons et d’oranges, très utiles et bénéfiques pour éviter d’attraper le scorbut, maladie commune chez les marins qui manquaient de vitamine C, ayant rarement l’occasion de tomber sur des citronniers ou des orangers en plein milieu de l’océan !

Après ces festivités, Mona eut l’idée de demander à ses amies et à ses cousines Julia et Céline, si elles n’avaient pas une idée à propos de la signature mystérieuse apposée au bas de la Carte au Trésor…

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11) M•M•NN• L• R••G•

Mona et ses cousines faisaient la fête, quelle bamboche ! Les marins avaient quartier libre, et le bateau pirate, pour une fois, avait pris une allure festive rarement vue… Plus personne ne pensait à Rabham le Vert, et surtout pas notre intrépide exploratrice, qui s’amusait et festoyait comme pas deux. Soudain, Mona repensa à cette carte mystérieuse et à sa signature énigmatique… Tout en mangeant la boustifaille stockée dans la cambuse, notre Donzelle se demandait qui pouvait bien se cacher derrière cette signature mystérieuse : M•M•NN• L• R••G•

La voyant pensive, ses cousines lui demandèrent ce qui lui trottait dans la tête, et ce fut presque un jeu lorsqu’elles se mirent toutes à réfléchir à la solution de cette énigme. Julia proposa Maminne La Rouge, mais ça n’évoquait rien à personne. Céline proposa Mamanne La Rauge, mais ça n’évoquait rien à personne non plus… C’est alors que Mona eut l’idée géniale d’aller fouiller dans les archives de sa cabine, bien enfermées à double tour derrière une lourde porte en bois précieux. Un lourd grimoire en fut extrait, plein de poussière et dont les pages étaient jaunies par les années. Toutes les archives de la famille pirate étaient exposées devant trois paires d’yeux ébahis. Les aventures de Sabinette la corsaire et de Yannick le flibustier, les parents de Mona, firent s’écarquiller les yeux des cousines, tandis que l’arbre généalogique pirate se dépliait sous leur regard curieux.

Soudain, coup de tonnerre ! Tout en haut de l’arbre généalogique trônait l’Ancêtre de la famille corsaire, celle qui avait été la pionnière de la piraterie ; qui n’avait jamais entendu parler de son caractère bien trempé, de ses réparties mémorables ou de son jugement sévère mais juste ? Bien évidemment, cette légende familiale n’était autre que… Momonne La Rouge !

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12) Rabham Zlatané !

Toute ragaillardie par la solution du mystère de la signature, Mona repensa à son ancêtre Momonne La Rouge, et se rappela posséder dans ses archives une médaille qui lui fut léguée par la fameuse pirate ; c’était une jolie médaille dorée qu’elle gardait à l’abri dans son placard secret, heureusement que Rabham le Vert ne l’avait pas dérobée ! En parlant de ce gredin, Mona se dit qu’il était peut-être temps de partir à sa recherche et à sa poursuite… Elle envoya deux mousses à la proue du bateau, trois mousses à la poupe du bateau, et pour faire bonne mesure, Mona elle-même monta tout en haut du grand mât, dans la vigie, d’où elle avait une vue imprenable sur les environs. Au bout d’un quart d’heure, à force de scruter l’horizon, Mona aperçut enfin un navire qui semblait immobile à quelques encâblures du Véroniko.

Mona hurla à son équipage En avant toute ! On va aller voir de plus près ce navire ! Toutes voiles dehors, le Véroniko se rapprochait du navire mystérieux et manoeuvra afin de se porter à ses côtés. Les marins sautèrent sur le pont et Mona les suivit, armée de sa fidèle épée, bien décidée à retrouver ce coquin de Rabham le Vert. Après avoir parlementé et négocié à grands coups de sabre, le Capitaine du navire avoua qu’un pirate habillé tout en vert était difficilement monté à bord, tout alourdi et trempé, et qu’il se cachait dans la cambuse — qui, comme chacun sait, est le garde-manger des bateaux pirates… Le sang de Mona ne fit qu’un tour, et elle se précipita dans la cambuse, remplie de chocolats, de bonnes bouteilles et de Playmobil, mais ceci est une autre histoire…

Mona cria À moi Rabham le Vert ! Encore tout dégoulinant d’eau de mer et alourdi par le butin dérobé à Mona, le terrible Rabham le Vert n’en menait pas large. Il sortit de sa cachette en brandissant une bouteille de vieil Armagnac et avant même qu’il n’ait eu le temps d’assommer quiconque avec, Mona lui ôta des mains, la lança à ses marins qui poussèrent des cris de joie et s’engagea dans un corps-à-corps avec son vieil ennemi. Mona empoigna Rabham et le fit valser dans la cambuse, fracassant au passage quelques autres bouteilles. Rabham se releva et fonça sur Mona, mais sa vitesse était réduite par les pièces d’or dont il ne s’était pas séparé. C’est alors que Mona esquiva son adversaire, tournoya sur elle-même et agrippa Rabham qui ne comprit pas ce qui lui arrivait ! Déstabilisé, il s’écrasa sur le sol et sur le dos, inconscient ! Mona avait réussi un magnifique Ippon, et ses marins applaudirent à cet exploit qui restera dans les annales de la Piraterie. Rabham fut prestement délesté de son butin qui revint enfin à sa propriétaire. En bons pirates, l’équipage du Véroniko mit à sac la cambuse du bateau, et les mains pleines de ces cadeaux de NoëL inespérés, rejoignit le Véroniko qui mit les voiles et vogua vers de nouvelles aventures…

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13) Nouvelle année, nouvelles aventures…

Une nouvelle année s’effilochait doucement pour les nombreux membres de l’équipage du Véroniko, qui voguait sur les 7 mers en quête de navires à dévaliser, de vaisseaux à rançonner et de bateaux à arraisonner… Cela faisait plusieurs semaines que Mona n’avait plus eu de nouvelles de Rabham le Vert, et, pour ce qui la concernait, il avait heureusement disparu de la circulation, anéanti après le formidable Ippon qui l’avait laissé sur le carreau pour de bon. C’est donc l’esprit tranquille que Mona menait son navire au travers des 40èmes rugissants et les 50èmes hurlants, à la recherche de pièces d’or et de trésors et d’aventures… Le drapeau noir flottait non pas sur la marmite mais sur le grand-mât. Au gré de ses pérégrinations, beaucoup de marins qu’elle avait croisé avaient, en tremblant, mentionné l’existence d’un terrible pirate, encore plus terrifiant que Rabham le Vert, et qui écumait les mers et les océans en effrayant tous ceux qu’il croisait et en tuant sans pitié tous ceux qui tentaient de s’opposer à lui. Mais ce mystérieux bonhomme était sans doute une invention de pirates peureux, pensa Mona…

Le Véroniko naviguait sans but particulier et l’équipage s’occupait comme il pouvait, en jouant aux cartes ou en s’entraînant à différents sports, tandis que Mona inspectait les vivres stockées dans la cambuse : riz, farine, vin, eau douce, eau de vie et surtout tout un tas de fèves et fayots très prisés des capitaines au long cours car se conservant longtemps (les fèves, pas les capitaines, dont l’espérance de vie fluctuait grandement en fonction des rencontres, bonnes ou mauvaises, faites sur la route) ainsi que des simples biscuits de mer que l’on cuisait d’ailleurs deux fois pour en améliorer le goût, d’où leur nom : bis-cuits.

Soudain, de gros nuages accompagnés de hautes vagues se formèrent et tout le monde rejoignit son poste, sur le second et le premier pont, alors que Mona, en tant que Capitaine, se posta sur la dunette, qui est comme chacun sait le poste de commandement des navires et se situe à la poupe de ceux-ci. L’atmosphère est lourde et chacun se concentre sur sa tâche, tandis que Mona donne ses ordres tout en se demandant pourquoi tout cela ne lui dit rien qui vaille…

Les mauvaises prémonitions de Mona se révélèrent fondées, puisque d’un seul coup, comme sorti de nulle part, un vaisseau de 74 canons, similaire au Véroniko, apparut à l’horizon, et manœuvrait à l’évidence pour engager le combat…

Mona serra les dents et se prépara à la bataille qui allait être sanglante.

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14) Un Nouvel Ennemi !

Mona était à la manœuvre, une main sur la barre et l’autre tenant une paire de jumelles afin de réagir au plus vite. Notre Intrépide Exploratrice donnait ses ordres à l’équipage du Véroniko, qui lui obéissait au doigt et à l’œil. Le Véroniko se rapprochait désormais de l’autre navire, et les canons commencèrent à cracher leurs boulets qui plongeaient dans l’eau avec de grands Plouf ! ou qui arrachaient les voiles des vaisseaux dans un bruit apocalyptique… Tout le monde était à son poste et hurlait à qui mieux mieux. Sur le pont du Véroniko on sentait l’odeur âcre de la poudre, et parfois aussi on sentait passer les boulets !

Arrivé à la hauteur du navire ennemi (qui n’est pas un 74 canons mais plus modestement un 40 canons), le Véroniko canonnait de plus belle et l’équipage sautait sur le pont de l’autre bateau afin d’engager le combat en corps-à-corps. Les baïonnettes et les sabres taillaient dans le vif, tandis que Mona se faufilait parmi les pirates pour tenter de débusquer le Capitaine du navire ennemi. Elle se frayait un passage sur le pont, atteignit le second pont, puis arriva au premier pont, juste au-dessus des cales où étaient stockées les poudres et les vivres. Mona alluma une longue mèche et remonta vers le premier pont. Soudain, une voix plaintive se fit entendre, en provenance de la sainte Barbe, là où le Maître-Canonnier range les ustensiles dont il a besoin… Mona fonçait vers la sainte Barbe, sabre en avant et défonça la porte et s’arrêta tout net, surprise par le personnage extraordinaire qui lui faisait face…

Devant elle se tenait une sorte de géant dont le visage tout entier était mangé par une immense barbe de couleur poivre-et-sel. Cette barbe était si grande et si fournie que le pirate à qui elle appartenait l’avait tressée et parsemée de petits rubans ; la longueur de cette barbe était extravagante ! Mona reconnut immédiatement ce fameux pirate, dont le drapeau effrayait tous les marins parcourant les sept mers : il s’agissait du terrible Barbe Grise ! Et ce terrible pirate retenait une otage, une jeune fille qui encourageait Mona, toute heureuse d’être peut-être bientôt délivrée ! Je m’appelle Erella, venez me sauver des griffes de Barbe Grise, criait la jeune fille de sa belle voix.

Alors Mona se tint prête à botter les fesses de Barbe Grise, mais ça n’allait pas être une mince affaire, et il faudrait faire vite, car la longue mèche n’allait pas tarder d’atteindre le stock de poudre…

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15) Big Bang !

Mona se tenait devant Barbe Grise, qui rugissait et vociférait, espérant effrayer notre intrépide exploratrice. Mais c’était sans connaître Mona, à qui il en fallait un peu plus pour l’effrayer ! Mona comptait intérieurement car elle se souvenait de la longue mèche qu’elle avait allumé dans les cales, et cette mèche allait fatalement finir par brûler entièrement. La conséquence serait sans nul doute explosive ! Toujours est-il que Mona se tenait devant Barbe Grise, nullement impressionnée par ce méchant personnage, et surtout préoccupée par la libération d’Erella la Sirène — qu’elle avait surnommé ainsi à cause de sa belle voix qui l’avait attiré ici, à la manière des Sirènes légendaires…

Barbe Grise s’échappa par une porte dérobée, pensant gagner un peu de temps, mais Mona en profita pour libérer Erella, qui rejoignit prestement le navire pirate de Mona. Et une bonne chose de faite ! Mona s’aventura  à la poursuite de Barbe Grise dans le dédale des ponts (elle n’oubliait pas de compter) et se retrouva sur le pont du navire, où l’attendait non seulement Barbe Grise mais également son équipage pas commode. Aïe. Les choses se corsaient, comme dirait plus tard Napoléon à Waterloo en finissant ses abats, mais ceci est une autre histoire… Toujours est-il que Barbe Grise n’était pas d’humeur à rigoler, et Mona (qui comptait toujours, comme vous vous en doutez) se dit que ça allait peut-être mal finir cette fois-ci.

L’équipage de Barbe Grise se rapprochait petit à petit, l’air menaçant, et Barbe Grise lui-même s’était armé d’un impressionnant tromblon, dont il comptait bien se servir pour éliminer définitivement cette intrépide exploratrice un peu trop embêtante. Mona comptait toujours, mais cette fois-ci elle comptait plutôt ses abatis…

Soudain, une sorte de miracle se produisit. Le soleil, qui brillait dans le ciel bleu, se mit à disparaître progressivement, et d’un seul coup c’est comme si la nuit était tombée complètement en plein jour ! Les méchants pirates n’en revenaient pas, mais Mona n’attendit pas qu’il reprennent leur esprit pour se faufiler entre eux dans la pénombre, passer derrière Barbe Grise en lui donnant une bonne fessée et sauter dans l’océan pour rejoindre son bateau pirate, guidée par le son de la voix d’Erella qui l’attendait en chantant dans cette nuit miraculeuse. Tout en nageant, Mona comptait encore, et cette fois-ci elle savait qu’elle pouvait compter sur sa bonne étoile ! Trois, deux, un… BOUM ! Dans la pénombre de l’éclipse totale de soleil, la longue mèche avait enfin atteint son but : le stock de poudre et d’explosifs entreposé dans les cales. Mona regardait le bateau de Barbe Grise sombrer dans l’océan tandis que la lumière du soleil revenait peu à peu.

Cette fois-ci, Mona l’avait échappé belle, mais avait réussi à sauver une sirène et à botter les fesses de Barbe Grise ! La routine d’une intrépide exploratrice, quoi…

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16) Passager Clandestin

Après toutes ces émotions, l’équipage du Véroniko n’aspirait qu’à une chose : faire une bamboche du tonnerre ! Après toutes ces explosions, pour sûr que cela allait être le banquet final… D’autant qu’avec la disparition (définitive ?) de Barbe Grise et de Rabham le Vert, Mona se retrouvait sans ennemi ; d’un autre côté, la chasse au Trésor allait pouvoir reprendre ! En parlant de trésor, Mona se souvint qu’il restait un butin à l’abri dans les cales, petit souvenir d’une précédente attaque, et qui n’avait pas encore été partagé entre les membres d’équipage, qui méritaient bien une petite récompense… Un sourire furtif marqua le visage de notre Intrépide Exploratrice. Elle envoya une équipe récupérer le butin dans les cales, et bientôt tout un tas d’or et de pierreries tapissaient le pont du Véroniko, lançant de vifs éclats et faisant briller les yeux des marins fourbus et courbatus.

Mona appela un ses Lieutenants, dont la particularité était d’avoir des pieds mesurant exactement 30,5 centimètres, soit la longueur… de l’unité de mesure que l’on nommait le Pied ! La raison était simple : à bord des navires pirates, la façon la plus commune de se partager les richesses prises aux bateaux qui avaient la mauvaise idée de se faire rançonner était de répandre le trésor sur le pont et alors chaque pirate avait droit de prélever une quantité équivalant à un Pied, soit 30,5 centimètres d’or et de pierres précieuses ! Ainsi fut-il fait. Et chacun des marins du Véroniko put prendre son Pied du butin, ce qui mit tout le monde de fort bonne humeur et ouvrit les festivités de fort belle manière.

Alors que la bamboche battait son plein, avec force Menthe-Pastille, vieil Armagnac et autres joyeuseries, Erella la Sirène émerveillait tout le monde de son chant magnifique, et Mona se dit que la vie de Pirate réservait de bien belles surprises… Le stock de vivres stockées dans la cambuse remit tout le monde d’aplomb, et l’ambiance était au beau fixe. Soudain, l’un des pirates s’exclama : Mais qui a mangé mon plat de patates ? Mona elle-même, qui avait détourné le regard quelques instants pour profiter de cette scène festive, se rendit compte qu’il manquait la moitié de sa portion de fèves ! Qui diable s’amusait à voler la nourriture de cette façon, au nez et la barbe (grise) de l’équipage ? C’est alors qu’Erella poussa un grand cri, qui n’avait rien à voir avec le chant mélodieux des sirènes. Une ombre sembla filer entre les jambes de l’équipage, pour se réfugier dans la Vigie Pirate, tout en haut du grand mât. Ni une ni deux, Mona se précipite à sa poursuite, grimpe à toute vitesse le long du mât et s’apprête à empoigner l’infortuné voleur de patates ! Mais quelle n’est pas son étonnement de découvrir blotti dans l’espace exigu de la Vigie Pirate… un petit animal gris ! Le voleur n’est autre qu’un petit singe qui a l’air aussi inoffensif qu’affamé… Il se sera échappé du navire de Barbe Grise.

Une fois correctement nourri, le petit singe se tint tranquille. Il fut nommé provisoirement Baba, mais quel nom pourrait-on lui donner ? Oui, quel nom pourrait-on bien lui donner ? Bref, la bamboche pouvait se poursuivre, et bien évidemment la douce voix d’Erella accompagnait les marins tandis que le Véroniko voguait tranquillement sur les eaux paisibles d’un océan décidément plein de surprises…

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17) Tibou

Une fois la bamboche terminée, il fut temps de tout ranger, de nettoyer le pont et d’effectuer une inspection générale du navire, qui voguait sur une mer d’huile ; nul bateau pirate à l’horizon, juste un archipel à bâbord. Le petit singe qui appartenait à Barbe Grise fut nommé Tibou, et il devint rapidement la mascotte de l’équipage du Véroniko, qui, comme chacun sait avait été acheté à un armateur vénitien lors d’une escale précédente. Pour l’heure, un observateur présent à bord d’un hypothétique vaisseau navigant de conserve avec le Véroniko, et regardant en direction dudit navire, n’y aurait aperçu que calme, luxe et volupté, tant l’équipage avait mis un coup de propre et avait empoché avec satisfaction sa part d’un butin oublié. Malgré la présence nouvelle du petit mammifère nommé Tibou, les membres d’équipage n’avaient point été payés en monnaie de singe ! L’origine de l’expression n’ayant d’ailleurs rien à voir avec Tibou : en effet, au XIIIe siècle, le roi Saint Louis aurait accordé aux montreurs de singes le droit de payer en grimaces ou en tours de passe-passe le péage du Petit-Pont qui relie l’île Notre-Dame au quartier Saint-Jacques, à Paris, L’expression a ensuite changé de sens pour signifier un faux payement, un payement pour de faux, bref, un payement en monnaie de singe !

Soudain, l’homme de vigie poussa un grand cri ! Alerte générale : un navire inconnu se dirigeait vers le bateau de Mona l’exploratrice ! Par précaution, il fut décidé de mettre en sécurité Erella la Sirène, qui embarqua en direction d’une petite île avoisinante, à bord d’une chaloupe emplie de vivres. Pour remercier Mona, Erella se mit à chanter une jolie chanson, jusqu’à ce que la chaloupe atteigne l’ilot providentiel et qu’Erella y débarque saine et sauve. A bord du Véroniko, l’équipage se tenait prêt à aborder le navire mystérieux, qui se rapprochait dangereusement. On pouvait désormais distinguer son drapeau qui flottait en haut du grand mât : un drapeau noir orné d’une tête de mort ! Pas de doute, c’était bien un pirate qui commandait cette embarcation. En-dessous du drapeau noir, un autre drapeau avait été placé, orné, lui, d’une tête de poisson carnivore du plus mauvais augure. Le sang de Mona ne fit qu’un tour, car elle avait deviné quelle racaille se cachait derrière ces symboles. A côté de ce nouveau venu, Rabham le Vert et Barbe Grise faisaient pâles figures, et avaient l’air de petits rigolos tout juste bons à se faire botter les fesses… Mais ce pirate coriace qui approchait, ça, c’était une autre limonade. Pour sûr, ça allait pétiller dans le coin !

Il est temps d’abréger ce suspense insoutenable, et de révéler le nom de ce corsaire abominable, craint sur les 7 mers (qui sont plus que sept) et les 5 océans (qui sont bien cinq). La bataille allait être rude, heureusement que l’équipage était en ordre de bataille et qu’Erella avait été mise en lieu sûr. Mona, quant à elle, se préparait à livrer bataille contre rien moins que le fameux Capitaine Brochet.

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18) Féroce Bataille

Le bateau du Capitaine Brochet approchait à présent dangereusement du Véroniko. Mona ordonna à Roger, le beau gosse de l’équipage, de se tenir prêt à canarder l’autre navire, ce que le Joli Roger s’empressa de faire. Mona appela également Wen, une petite Mousse qui était chargée de rafraîchir tout le monde à bord, à qui elle demanda de superviser l’attaque. En effet, chacun écoutait toujours les avis de Wen, qui se trompait rarement. Enfin, Mona convoqua Peter, l’un de ses Lieutenants (mais pas celui qui avait des pieds mesurant exactement 30,5 centimètres) et Lili, son adjointe. Notre exploratrice, quant à elle, se munit d’une bonne épée et d’un vieux tromblon qui restait fort dangereux.

Le Capitaine Brochet se préparait aussi, un mauvais sourire aux lèvres. Ses yeux lançaient des éclairs méchants et il ricanait tout seul à l’idée de se débarrasser de Mona et de son équipage. Il ricanait, mais il ne rigolait pas. Son équipage à lui se motivait en sifflant des chansons imaginaires, très dépaysantes.  L’une des pirates, Odile, donnait le rythme à l’aide de petites cloches accrochées à un tambourin. Le drapeau pirate flottait au sommet du grand mât, sur lequel étaient gravés des petits traits pour chacun des navires détruits par le Capitaine Brochet. Les petits traits allaient jusqu’en haut du mât. Les canons brillaient au soleil et les canonniers étaient aux abois. Jamais la tension n’avait été aussi palpable…

De retour à bord du Véroniko, tout le monde obéit à Wen, car chacun fait toujours ce que Wen dit. Munie de son ventilateur, la petite Mousse rafraîchissante donne ses derniers ordres et s’assure que tout sera prêt pour le combat spectaculaire qui s’annonce. Peter le Lieutenant doit donner le coup d’envoi de l’assaut grâce à son pistolet. Une fois que Peter aura fait Pan! les choses sérieuses pourront commencer…

Soudain, alors que les deux bateaux étaient bord à bord, Peter fit feu et Odile fit tinter sa clochette, ravie de son effet (le fameux Effet Clochette) ! Et ensuite, tout ne fut plus que fumées, odeur de poudre, cris des pirates blessés, fracas des boulets s’écrasant sur les ponts ; bref : le bruit et la fureur d’un combat sans merci. Tibou le petit singe se faufila entre les pirates et s’approcha d’Odile qu’il mordit avec force. L’équipage du Capitaine Brochet, pris de panique, sauta à l’eau, s’enferma dans les cales ou bien grimpa se réfugier dans la vigie. Pour le Capitaine Brochet, c’en était trop ! Il ne pouvait supporter que ses pirates le lâchent en plein combat, ni qu’un singe croque Odile. Il sauta à bord du Véroniko, bien décidé à en finir avec ce satané équipage qui se permettait de le ridiculiser ainsi. Mona le vit venir et dégaina son tromblon, visa le Capitaine abandonné, et fit feu. Tous les combattants cessèrent d’un seul coup de se battre en entendant la puissante déflagration. Le silence ne fut rompu que par le hurlement de douleur du Capitaine Brochet, dont la main avait été atteinte par une série de projectiles multiples à courte portée. Le Capitaine estropié avait perdu la main et la bataille. Il regagna son navire en gémissant, et navigua en avant toute vers n’importe quelle destination où Mona ne se trouvait pas.

Mona savourait sa victoire. Elle félicita Lili qui s’était battue comme une tigresse, donna à manger à Tibou qui s’était mis au régime de bananes, et ordonna à Peter de mettre le cap sur une île avoisinante où d’autres aventures inimaginables vont certainement avoir lieu dans un futur proche…

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19) Abandon

Après cette bataille acharnée, le Véroniko ayant mis le cap sur l’île la plus proche, Mona partit s’isoler dans sa cabine et se mit à réfléchir à ces quelques mois passés à écumer les océans… Elle pensa aux nombreux méchants pirates qu’elle avait mis hors service : tout d’abord, le funeste Rabham le Vert, qui s’était sans doute mis au vert, puisqu’on en avait plus entendu parler. Ensuite, le non moins effrayant Barbe Grise, qui avait été un adversaire tout sauf barbant. Enfin, le terrible Capitaine Brochet, à qui Mona avait ôté l’envie de venir se frotter à elle, ainsi qu’une main. Isolée dans sa cabine, Mona se dit qu’elle aurait bien besoin de quelques vacances, après toutes ces aventures héroïques ! Elle sortit de son placard secret quelques plans jaunis par les années et quelques cartes maritimes usées par le sel. Alors qu’elle les étudiait avec soin, un petit sourire éclaira finalement son visage…

Mais avant de penser aux vacances, il fallait réparer le navire, remonter le niveau des stocks de la cambuse, et faire une inspection générale du Véroniko. Soudain, on frappa à sa porte. Qui pouvait bien venir la déranger ainsi ? Son fidèle Lieutenant Peter (non, non, toujours pas celui qui avait des pieds mesurant exactement 30,5 centimètres) avait un problème urgent à lui soumettre, et il était bien embêté. En effet, il semblait qu’un des membres de l’équipage avait volé une partie du butin accumulé depuis la dernière escale et l’avait caché sous son matelas, où Tibou avait farfouillé par hasard, révélant le pot au roses. Mona prit cette annonce très au sérieux, et son sourire disparut en une fraction de seconde. Car elle savait très bien quel genre de punition on destinait aux voleurs de butin. Parsambleu !, les pirates volaient sans vergogne, mais détestaient qu’on les vole, et ceux pris la main dans le sac étaient traditionnellement abandonnés sur une île déserte. Et justement, le Véroniko venait de mouiller à quelques encablures de l’île de Kah-Lanto, telle qu’elle se nommait sur les cartes de Mona, et, à part quelques Totems, l’île semblait bel et bien déserte.

Mona envoya un groupe de pirates chercher eau et nourriture dans la jungle, et supervisa elle-même les menus travaux de remise en état de son bateau : on reprisa la voilure, on colmata les trous dans la coque, et on répara le bastingage, qui était comme chacun sait une muraille en bois ou en fer autour du pont supérieur, couronnée par un caisson cloisonné où étaient placés les hamacs de l’équipage (recouverts par une toile peinte pour les protéger de la pluie et de l’humidité). Une fois ces tâches effectuées, et l’inspection du navire menée à bien, il fut temps de s’occuper du voleur de butin, qui se nommait Guillaume Gamin, et qui allait donc être abandonné à la mode des pirates sur l’île déserte de Kah-Lanto. C’était un jeune pirate débrouillard et avide de richesses, et quelque chose disait à Mona qu’on en avait peut-être pas fini avec lui…

Maintenant que le Véroniko semblait flambant neuf, ses stocks de vivres regonflés à bloc, et Guillaume Gamin abandonné sur son île pour le meilleur et peut-être pour le pire, Mona ordonna à son timonier de mettre le cap sur une autre île, ou presqu’île, qu’elle avait précédemment repérée sur ses cartes, provoquant chez elle ce petit sourire énigmatique, et qui semblait propice à la fois à la chasse au trésor et à un repos bien mérité. Ainsi, alors que le soleil se couchait à l’horizon, nimbant le Véroniko de teintes rougeâtres et orangeâtres, tout l’équipage rassemblé sur le pont principal entendit Mona crier depuis la dunette : « Hissez Ho ! En avant toute ! Cap sur Quiberon ! »

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20) Quiberon !

Avant d’aller mouiller au large de Quiberon, le Véroniko fit un petit détour par le nord de la Bretagne. C’est que Mona avait encore un ou deux détails à régler avant de passer quelques jours sur la terre ferme. En effet, lors du combat avec le Capitaine Brochet, ce dernier avait fait tomber de sa poche une carte mystérieuse qui pointait vers une crique secrète, non loin de Quiberon, d’où ce léger détour qui en vaudrait la peine, espérons-le…

Hissez Ho, Parsambleu ! Mona motivait son équipage qui rêvait de bouteilles de Menthe-Pastille et autres joyeuseries, et dont la motivation, il faut l’avouer, était quelque peu en berne. Mais la perspective d’un nouveau trésor avait de quoi remotiver les troupes ! La carte du Capitaine Brochet était sans équivoque : dans une grotte enténébrée se cachaient trois coffres qui devaient contenir moult pièces d’or et diamants. Le tout était de les trouver et de les ouvrir sans trop de dommages. Au pire Mona allumerait une longue mèche et BOUM !

Le voyage se passa sans souci. La mer était calme et le vent soufflait heureusement dans la bonne direction. Au terme de cette odyssée reposante, les oreilles de Loulou commencèrent à s’agiter d’une drôle de manière. Mona souriait tandis qu’une annexe fut mise à l’eau, contrairement aux pirates du Véroniko qui, eux, s’étaient déjà mis au vieil Armagnac ! Mona embarqua avec Loulou et quelques marins encore sobres, puis accosta prestement dans la crique mystérieuse. La grotte était découverte par la marée basse, on dirait bien que la chance souriait à notre exploratrice ! Les pirates s’aventurèrent avec précaution et quelques bougies à l’intérieur de la grotte, où les attendaient trois gros coffres en bois, à l’abri de l’eau de mer, et donc en parfait état. La dernière fois qu’ils avaient vu le jour devait remonter à quelques lustres, un lustre étant une période de cinq ans, comme chacun sait.

Les oreilles de Loulou ne savaient plus où donner de la tête, pour ainsi dire. Elles tournaient tellement vite dans toutes les directions que Loulou aurait pu s’envoler comme un hélicoptère, si un tel engin avait déjà été inventé ! En tous les cas, ces mouvements d’oreilles rafraichissaient l’équipage. Soudain, les oreilles du lapin magique pointèrent vers le deuxième coffre, ce qui signifiait sans nul doute que le trésor tant convoité devait se trouver à l’intérieur d’icelui. et Loulou se mit à sautiller sur place, ce qui signifiait sans nul doute qu’il ne pouvait plus aller plus loin. Morbleu ! Le trésor allait bientôt se montrer ! Mona traficota la vieille serrure qui s’ouvrit sans faire de problème, et quelle ne fut pas sa surprise de tomber nez-à-nez, pour ainsi dire, avec non pas un trésor brillant de mille feux, mais avec… une autre carte ! Il manquait peut-être une main à ce bachi-bouzouk de Brochet, mais lui ne manquait pas d’air ! Le trésor serait pour une autre fois. En effet, Mona se dit que les deux autres coffres étaient sans doute piégés, et, de plus, la marée commençait à monter. Cependant, avant de quitter les lieux, Mona referma le deuxième coffre et avec l’aide de ses pirates, elle intervertit la position des deux premiers coffres, de sorte que si Brochet voulait récupérer sa carte il aurait une petite surprise…

Toute contente de son bon coup, Mona rejoignit son cher Véroniko et se prépara à appareiller pour de bon pour Quiberon, où l’équipage allait écumer les caboulots du coin et bourlinguer à qui mieux mieux. Pour sûr, cette île du Ponant sera l’endroit idéal pour bambocher jusqu’au bout de la nuit, remonter le stock de la cambuse, admirer les étoiles un verre de vieil Armagnac à la main, se refaire une santé et profiter du climat local ! Mona aurait tout le temps, ensuite, d’étudier de plus près la nouvelle carte du Capitaine Brochet ; Parsambleu ! le trésor n’allait tout de même pas s’envoler, et même les Pirates avaient besoin de vacances !

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21) Saison 2

Au terme de ces vacances bien méritées, et malgré quelques escarmouches avec d’autres corsaires avinés dans les caboulots de Quiberon, qui avaient laissé à Mona quelques séquelles sous la forme d’une entaille au pied et de soucis auditifs liés à des explosions de tromblons un peu trop proches de ses oreilles, il fut temps de remonter à bord pour repartir à la chasse aux trésors. Les pirates du Véroniko étaient reposés, le navire lui-même rutilait comme un sou neuf, et le moral était au beau fixe, tout comme le temps. Mona avait toujours en sa possession la carte du Capitaine Brochet trouvée dans la grotte secrète et elle se souvenait de certaines rumeurs entendues lors de son escale quiberonnaise, à propos d’un faramineux trésor romain englouti. Le hic, c’était que personne ne semblait savoir au juste où il se trouvait..

Le Véroniko voguait lentement sur des eaux irisées depuis quelques heures, rejoignant la haute mer, lorsque soudain la Vigie signala que quelque chose les suivait. Chacun se rendit à son poste, paré à livrer bataille si nécessaire. Qui diable pouvait les suivre ainsi ? Certes, Mona ne manquait pas d’ennemis expérimentés, entre le Capitaine Brochet (même s’il avait un peu perdu la main) et le célèbre Rabham le Vert (si toutefois il s’était remis du mémorable Ippon que Mona lui avait prodigué), sans oublier Barbe Grise (pas le moins barbant de ses adversaires, mais peut-être un peu moins rasoir depuis que son navire avait explosé)…

Bref, quelle carte le Destin allait-il sortir de sa manche cette fois-ci ? Après quelques zigzags effectués pour semer l’importun, Mona dût se rendre à l’évidence : celui-ci continuait de les suivre. Ce qui était bizarre, c’était que ce curieux suiveur semblait nager SOUS l’eau, peut-être pour se camoufler, mais Parbleu ! qui pouvait bien déployer tant d’efforts pour se cacher de la sorte aux yeux de l’équipage de marins aguerris du Véroniko ? C’est assez, décréta Mona, qui alla se poster sur la dunette, munie de ses jumelles et suivie de près par Loulou et ses oreilles rafraîchissantes. On va voir ce qu’on va voir ! Et elle vit.

Il faut savoir que la dunette est l’endroit privilégié (mais particulièrement dangereux car exposé à la mitraille) pour donner les ordres à l’équipage, car il se situe en hauteur, offre une vue imprenable sur la mer, et permet de ne pas être mouillé lors des tempêtes. De plus, on y trouve aussi les cages à volailles contenant des dizaines de poules, poulets, canards et pigeons pour nourrir les matelots, le tout sous la surveillance du volailler. C’est enfin l’endroit où les Officiers font le point avec leurs instruments, et c’est en-dessous que se trouve la cabine du Commandant. En l’occurrence, celle de Mona notre Intrépide Exploratrice chasseuse de Trésors.

Après cette parenthèse technique censée ménager le suspense, il est temps de revenir à nos volailles, enfin, à nos moutons, et d’indiquer au lecteur impatient ce que Mona vit dans ses jumelles. Tout simplement un petit dauphin. Les oreilles de Loulou se mirent à tournoyer dans tous les sens, et Mona sut que ce dauphin femelle était inoffensif et elle décida de la nommer Yuna. La question qui taraudait Mona, telle le Capitaine Achab suivi par Moby Dick, était : dans quel but Yuna venait-elle nager autour du navire de Mona ?

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22) Yuna le Dauphin

Toujours pensive à cause du mystère de Yuna le dauphin, Mona était à présent dans sa cabine, située sous la dunette. Elle était en train d’étudier sous toutes les coutures la carte du Capitaine Brochet. Mais elle avait beau regarder ce vieux parchemin dans tous les sens, impossible de comprendre où se trouvait ce fichu trésor… s’il s’agissait bien d’un trésor. Parbleu !, s’écria Mona, ce foi jaune de Brochet me fera tourner en bourrique ! Cette affaire était d’autant plus frustrante que Mona se souvenait de certaines rumeurs entendues à Quiberon, qui concernaient un trésor fabuleux englouti au large de la Bretagne ; un ancien navire romain aurait coulé avec sa précieuse cargaison, mais nul ne savait précisément où, et beaucoup de chasseurs de trésors avaient perdu la tête ou la vie en le recherchant. Bien évidemment, cette énigme taraudait notre exploratrice préférée, qui n’en était pas à un défi près…

Quelqu’un frappa soudain à la porte de la cabine de Mona. C’était l’un des Lieutenants du Véroniko. Oui, c’était celui qui avait des pieds mesurant exactement 30,5 centimètres ! D’ailleurs on le surnommait « Le Pied » et on l’utilisait souvent pour partager en parts égales les butins amassés par les pirates du Véroniko, mais ceci est une autre histoire. Revenons à nos moutons et à notre héroïne chasseuse de trésors. Toc-toc-toc. « Le Pied » informa Mona que Yuna était toujours là, et son comportement surprenait tout le monde : elle nageait dans le sillage du bateau pirate, de sorte que chacun pouvait la voir. Mais personne ne comprenait à quel jeu elle jouait. Mona, elle-même intriguée, alla jusqu’à la dunette, d’où elle avait la meilleure vue, se saisit de ses jumelles et observa Yuna le dauphin qui faisait des figures aquatiques sans relâche et sans répit. Quel étrange manège… Foi de pirate, cette dauphine était sportive !

Mona eut soudain une idée : elle ordonna à son timonier de suivre le dauphin, qui avait certainement, outre un évent, une idée derrière la tête… Le timonier était surnommé Bosco, car dans la marine marchande le chef des manœuvriers était appelé ainsi, son saint patron étant comme chacun sait saint MicheL. Et le Véroniko se mit à suivre Yuna, qui semblait parfaitement savoir où elle allait. Mille millions de mille sabords !, s’exclama Mona, nous retournons en Bretagne !

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23) Roscoff

Encore toute surprise du nouveau cap pris par le Véroniko, Mona se dit qu’elle aurait sans doute préféré une destination plus exotique, mais finalement, après s’être battue contre tous ces forbans, certainement que la Bretagne serait plus reposante… Et le terrible drapeau rouge, celui que Mona avait hissé de si nombreuses fois et qui signifiait qu’un combat serait impitoyable et sans merci, pouvait rester au placard. De plus, ce retour vers cette destination connue n’empêcherait pas notre pirate de profiter d’une nouvelle bonne aventure, c’est-à-dire une Monaventure !

Toujours sur la dunette, Mona contemplait le sillage de son navire, traversé régulièrement par Yuna la dauphine, qui s’agitait à présent d’une drôle de façon… Mona se rapprocha du bord et quel ne fut pas son émerveillement d’entendre Yuna lui parler distinctement ! Elle lui dit qu’elle la conduisait au large de Roscoff, où elle avait repéré un très vieux galion romain qui gisait au fond de l’eau. Le sang de Mona ne fit qu’un tour ; au diable le Capitaine Brochet et sa carte illisible ! Pour sûr, il s’agissait d’une ancienne épave romaine qui avait coulé au début de notre ère, avec à son bord plus de 5 tonnes de lingots d’étain. C’était un trésor qui faisait rêver tous les pirates du monde, et dont Mona avait entendu parler dans les caboulots de Quiberon. Et c’est finalement Mona et son amie Yuna la dauphine qui allaient le découvrir avant tout le monde… Du coup, Mona se dit qu’elle n’échangerait pas Roscoff contre toute autre destination, aussi exotique soit-elle ! Tel un saumon, le Véroniko effectuait son voyage à contre-courant, de la haute-mer vers les côtes irisées du littoral breton, sous un soleil rougeoyant.

Après quelques jours de mer, Mona avait beaucoup parlé à Yuna, qui lui avait appris qu’elle était une experte de la navigation, et qu’elle savait éviter les mauvais rochers comme personne, ayant été blessée plus jeune par une roche rugueuse, et s’en méfiant comme de la peste depuis. Mais alors que les vents redoublaient d’intensité, ce qui était beau mais fort, la Terre apparut à l’horizon, et Yuna confirma que le trésor approchait. Le seul souci c’est qu’apparemment Mona n’était pas la seule à se rendre sur les lieux… Un navire pirate énorme se trouvait déjà sur zone. Halte-là !, hurla Mona à son timonier. Mona courut de la poupe à la proue, attrapant ses jumelles au passage, tout en ordonnant aux divers flibustiers, corsaires et boucaniers qui  composait son équipage de se tenir prêts au branle-bas de combat. Une fois rendue à la proue du Véroniko, Mona étudia de plus prêt ce navire gigantesque qui lui barrait le passage. L’observant de bas en haut, elle détailla tour à tour les innombrables batteries de canons, la voilure impressionnante, les solides mâts, et son regard se fixa sur le sommet de ceux-ci. Parsambleu !, deux drapeaux flottaient tout en haut. L’un était le Jolly Roger, l’emblème des pirates. L’autre était rien moins qu’un drapeau rouge.

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24) Bataille !

Mona n’en revenait pas ! Quel foi jaune de pirate avait bien pu hisser le drapeau rouge à son approche ? Au jeu de cartes (aux trésors), il semblerait que notre intrépide exploratrice allait cette fois encore jouer à la Bataille. Sauf que celle-là serait sans merci ; Mona hurla : « Tous à vos postes, et pas de quartier ! »

En ce jour de Toussaint, Mona avait décidé de porter la médaille de Momonne La Rouge, et elle eût une pensée, avant que de se lancer dans le combat, pour son ancêtre pirate. Parsambleu ! C’est peut-être la Toussaint aujourd’hui, mais ca allait être la fête pour ce foi jaune de pirate qui osait ainsi défier Mona !

Le Véroniko s’approchait de l’imposant navire pirate, et Mona se saisit de ses jumelles pour observer le pont de ses ennemis. Tous ses adversaires étaient à leur poste, et Mona cherchait des yeux leur Capitaine car elle aimait bien savoir à qui elle avait à faire. Au bout de quelques instants, une silhouette massive apparut, criant ses ordres à ses marins. Il fallut plusieurs minutes à Mona pour reconnaître son ennemi du jour. Elle n’en revenait pas. Ce ne pouvait être lui… Et pourtant, si, la silhouette énorme qui s’agitait dans l’optique de ses jumelles appartenait bel et bien à Guillaume Gamin, celui-là même qu’elle avait jadis débarqué sur une île déserte et qui, apparemment avait réussi à s’en échapper. Morbleu ! A nous deux, Gamin !

Les canons tiraient de toute part à présent. Des éclaboussures jaillissaient de l’océan tandis que les boulets y plongeaient, et des éclats de bois jaillissaient des bateaux tandis que les boulets les heurtaient à pleine vitesse. Le bruit était insoutenable et la fumée envahissait les ponts des deux navires qui se trouvaient maintenant côte-à-côte. Des trous béants apparaissaient sur les flancs des embarcations et de nombreux marins passaient par-dessus bord pour échapper au chaos ou parce qu’ils avaient été touchés par des munitions diverses. Mona, qui avait perdu de vue son ennemi, sautillait de tous côtés, toute à son affaire, évitant les mauvais coups et assommant pas mal de boucaniers au passage, et se demandait où diable cette espèce d’Amiral de bateau-lavoir pouvait bien se cacher.

Dans ce vacarme apocalyptique, les pirates des deux camps se livraient à de terribles corps-à-corps, et leur nombre diminuait à mesure qu’ils perdaient ces luttes fratricides. Pas mal d’entre eux réussirent à nager loin de la zone de combat, et quelques prisonniers furent enfermés à fond de cale. Mona sauta sur le pont du navire ennemi, devenu un véritable coupe-jarret, et chercha du regard Guillaume Gamin, qui serait sans doute étonné de la voir sur son navire… Soudain, alors que Mona évitait un morceau de bout de mât arraché par un boulet, Guillaume Gamin, planqué dans un tonneau, sorti de sa cachette derrière elle, et avant que Mona n’ait eu le temps de l’apercevoir, il tira un coup de pistolet en sa direction. La détonation fit se retourner Mona, Trop tard. La balle la toucha en pleine poitrine et la douleur fut intense. Mona savait sa dernière heure arrivée, un jour de Toussaint, c’était un comble… Guillaume Gamin, certain d’avoir terrassé son adversaire, s’enfuit à bord d’une chaloupe miraculeusement intacte sans demander son reste.

Et en parlant de miracle, rassurons nos lecteurs, Mona avait été protégée par la fameuse médaille de Momonne La Rouge, qui avait amorti le choc et fait ricocher la balle tirée par Guillaume Gamin ! Mais, étourdie par l’impact, Mona ne s’était pas rendue compte que son ennemi avait pris la poudre d’escampette. Heureusement, Yuna était dans les parages, et avait détourné la chaloupe du Capitaine Gamin en la poussant par dessous. Aidée des pirates survivants, Mona emprisonna Guillaume Gamin à bord du Véroniko, bien décidée à s’occuper de son cas par la suite.

Pour l’heure, après ces moments éprouvants, il était temps de constater les dégâts : pas mal de marins manquaient à l’appel, le Véroniko était salement amoché, et le navire du Capitaine Gamin avait coulé corps et bien, emportant certainement avec lui les trésors amassés par ce diable de pirate… Et pour couronner le tout, le trésor de Roscoff  que Mona était initialement venue chercher était irrécupérable puisque ni l’équipage du Véroniko ni le navire lui-même n’étaient en état de se lancer dans cette aventure… Bref, le bilan était catastrophique.

Mais il restait à Mona la médaille miraculeuse et l’aide de Yuna. Tout n’était pas perdu !

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25) Réparations

Une fois les fumées dissipées, le calme retrouvé et la miraculeuse médaille de Momonne la Rouge bien rangée à l’abri dans la cachette secrète de Mona, il fut l’heure de faire un état des lieux. Ce dernier ne serait pas brillant : pas mal de marins avaient disparus corps et bien, les voiles du Véroniko étaient déchirées, le stock de munitions restantes dans la Sainte-Barbe était ridicule, le pont qui avait souffert était éclaté par endroits et jonché de morceaux de bois et d’éclats de boulets, il ne restait presque plus rien à manger ni à boire, et pour couronner le tout, le trésor de Roscoff avait échappé à Mona ! D’un autre côté, Mona avait survécu, Loulou, Tibou et Yuna étaient toujours là, et les plus fidèles membres d’équipage restants étaient plus motivés que jamais… et l’infâme Guillaume Gamin se trouvait encore à fond de cale ! Mais il fallait au plus vite trouver un havre de paix afin qu’hommes et bateau se refassent une santé…

Mona demanda à son timonier de mettre le cap sur l’Île-de-Batz, qui était toute proche, et offrirait un abri fort convenable le temps de réparer le Véroniko. L’Île-de-Batz avait servi de base avancée aux Vikings (une statue du fameux Nikko-le-Viking, inventeur du célèbre Paris-Drakkar, avait d’ailleurs été érigée sur une jetée du port) et s’était beaucoup plus tard retrouvée aux mains des Anglais, qui avaient plusieurs fois ravagé cette petite île. Pour l’heure, Mona fut accueillie à bras ouverts par une figure locale, héros des mers et surnommé « Le Chevalier » car ayant reçu la Légion d’Honneur française. Ce héros n’était autre que Yves Trémintin, qui, bien que d’un âge relativement avancé pour l’époque, avait gardé toute son énergie et connaissait tout le monde sur la petite île, dont il était quasiment l’égérie. Grâce à ses contacts, le Véroniko allait être remis à neuf, les habitants fourniraient largement de quoi regarnir la cambuse, les femmes recoudraient les voiles, et les membres d’équipage bourlingueraient à qui mieux mieux dans les caboulots du coin… Et Mona chargea un marin expérimenté de recruter de nouveaux membres d’équipage.

Pendant ce temps-là, Yves Trémintin raconte toutes ses aventures à Mona, qui n’en revient pas. « Le Chevalier » a été plusieurs fois fait prisonnier, et n’a pas hésité à faire exploser son bateau pour échapper à des pirates qui l’encerclaient ; il s’en est sorti par miracle. Bien évidemment, Mona lui avait aussi raconté ses propres exploits : ses combats avec le Capitaine Brochet, l’explosion du navire de Barbe Grise, la déculottée de Rabham le Vert, et pour finir, la terrible bataille avec Guillaume Gamin. Bref, la jeune Mona et le vieux Trémintin étaient devenus les meilleurs amis du monde… Aussi, c’est avec une grande joie que ces deux-là allèrent trinquer au dixième Corsiversaire de Mona l’exploratrice dans une taverne locale ! Au cours de cette soirée fort agréable, Trémintin proposa à Mona de récupérer Guillaume Gamin, qu’il pensait livrer aux Anglais à la première occasion, car les Rosbifs avaient un compte à régler avec Gamin. « Le Chevalier » révéla à Mona l’origine du surnom Rosbif : le succès du bifteck à partir de 1771 et son origine britannique a mené à assimiler les Anglais à leur plat de prédilection. D’ailleurs, le terme rosbif vient de l’anglais Roast Beef, qui signifie viande grillée…

L’équipage du Véroniko ainsi que Mona restèrent plusieurs jours à l’Île-de-Batz, et ce séjour fut des plus agréables. Au terme de ces moments inoubliables, il fut temps de dire au-revoir au « Chevalier » et reprendre la mer, les voiles et le moral gonflés à bloc. Quelques nouveaux membres d’équipage avaient bien été recrutés par un marin expérimenté du Véroniko (surnommé Pépé Jean, allez savoir pourquoi), et l’équipage était donc au complet ! Mona cria : « En avant, doucement ! » et le Véroniko repartit pour d’autres aventures, certainement toujours autant palpitantes, et tant pis pour le trésor de Roscoff, il restait sans doute moult autres surprises à découvrir, que ce soit sur la surface ou tout au fond des océans…

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26 ) Nouvel An de Grâce…

Une nouvelle année s’effilochait doucement pour les nombreux (anciens et nouveaux) membres de l’équipage du fantastique Véroniko, qui voguait sur les 7 mers en quête de navires à dévaliser, de vaisseaux à rançonner, de trésors à récupérer  et de bateaux à arraisonner… Le Véroniko était pleinement opérationnel, et tous les membres d’équipage s’étaient souhaité, comme de bien entendu, une « Bonne Apnée, Bonne Santé » à l’occasion de ce nouvel An de Grâce. L’expression « An de Grâce » signifiant tout simplement une nouvelle année après la naissance de Jésus Christ ; une nouvelle année à la grâce de Dieu, pour ainsi dire, bien que Mona n’ait pas eu récemment de nouvelles de ce dernier…

Les pirates, s’ils n’étaient pas tous des mécréants, étaient souvent très superstitieux, et croyaient au mauvais œil, autrement dit à la malchance. Notamment, il y avait un certain « animal aux grandes oreilles » qui portait malheur à bord des navires, car il avait une fâcheuse tendance à grignoter cordages, vivres et tout ce qui était fait de bois, ce qui, à bord des bateaux, revenait à dire à peu près tout ! Imaginez un peu les ravages que pouvaient causer un « animal aux grandes oreilles » s’il lui prenait l’envie de grignoter la coque du navire ! Ainsi, le mot « lapin » était-il absolument interdit à bord, et les marins employaient l’expression « animal aux grandes oreilles » pour se référer à ce lagomorphe dangereux, qui était bien évidemment tout aussi prohibé. Loulou, qui était un lapin magique, faisait exception, et personne à bord n’avait de dent contre lui.

Mais qui disait nouvelle année, disait aussi nouvel adversaire pour Mona l’intrépide exploratrice. Et si Mona n’avait récemment pas non plus eu de nouvelles de l’infâme Rabham Le Vert, elle n’allait pas tarder à entendre parler d’une de ses amies, l’une des très rares femmes pirates (et littéraire avec ça !) sillonnant les 7 mers : Anne Bonny, surnommée « La Tigresse des Mers », tout un programme…

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27) Anne Bonny

En avant toute !, tonna Mona à son timonier. Le temps était beau, la mer d’huile et l’équipage enjoué. Le Véroniko filait à présent à vive allure sur l’océan, la Sainte-Barbe était pleine à craquer de munitions et la Cambuse était tout aussi bien garnie. Les pirates ne manqueraient donc ni d’armes ni de nourriture ! Mona avait une idée derrière la tête ; un trésor englouti devait se trouver non loin, et elle avait passé de longues heures à étudier ses vieilles cartes, qui indiquaient si l’on savait les comprendre, les positions de moult butins à récupérer, à condition (petit un) d’avoir le bon équipement et (petit deux) que nul autre pirate n’ait eu la même idée au même moment ! Mona maitrisait la première condition, mais la seconde relevait tout bonnement de la chance. Et Mona, tout le monde s’accordait à la reconnaitre, n’en manquait pas…

Pendant ce temps-là, à bord du ChevaL des Mers, un petit sloop, deux inquiétants personnages étaient aussi penchés sur des cartes maritimes. L’un des deux était Anne Bonny. L’autre, les lecteurs attentifs l’auront deviné, était tout simplement Rabham Le Vert. Les deux s’étaient rencontrés lors d’escarmouches et avaient réussi à échapper à la mort en s’enfuyant sur ce petit sloop. Depuis lors, ils écumaient les sept mers à la recherche de trésors, et d’adversaires à combattre… C’est que Rabham Le Vert avait lui aussi une idée derrière la tête, mais cela ne concernait pas un trésor…

Comme de bien entendu, le sloop et le Véroniko se dirigeaient vers le même point, ce qui était à peine une coïncidence, puisque les pirates avaient en leur possession à peu près les mêmes cartes, d’une part, et d’autre part le trésor qu’ils convoitaient était l’un des plus éblouissants, des plus estimables, et par conséquent, des plus convoités des sept mers. La bataille s’annonçait des plus rudes, d’autant plus que Rabham avait toujours une dent contre notre exploratrice intrépide.

Mais revenons à bord du Véroniko. Tout en haut de la vigie, assisté de Tibou le singe, le pirate chargé de scruter les parages du navire poussa un grand cri : BATEAU EN VUE ! Et comme, nous l’avons dit, le sloop est une relativement petite embarcation, on peut en déduire que ce pirate avait une bonne et longue vue. Mona, à présent sur le qui-vive, sautilla sur la dunette pour prendre le commandement des opérations. Cela ne lui disait rien qui vaille, elle avait comme un méchant pressentiment… Elle ne reconnu pas le sloop, qui n’arborait pas même de drapeau pirate, mais se tenait prête au combat, la cas échéant. Et vous, chers lecteurs, peut-être avez-vous aussi le pressentiment que la suite prometteuse des aventures de Mona se dévoilera lors d’un prochain épisode ?

Et bien vous aurez raison.

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